Depuis décembre 2025, la Bulgarie propose un visa digital nomad dédié aux travailleurs à distance non européens. Le pays cochait déjà les cases essentielles pour les nomades numériques : flat tax à 10%, coût de vie parmi les plus bas de l’Union européenne, internet fibre dans les grandes villes et une communauté nomade bien installée, notamment à Bansko, Sofia et Plovdiv. Avec son entrée dans l’espace Schengen en 2025 et le passage à l’euro au 1er janvier 2026, la Bulgarie offre aujourd’hui un cadre clair et structuré pour poser vos valises et travailler à distance.
Vous envisagez la Bulgarie comme base de télétravail ? Voici tout ce que vous devez savoir : conditions du visa, espaces de coworking, budget réaliste et fiscalité.
L’ESSENTIEL
- ✓ Visa digital nomad ouvert depuis décembre 2025 pour les non-UE/EEE
- ✓ Revenu minimum exigé : 31 000 €/an (50× le SMIC bulgare)
- ✓ Coworking dès 99-149 €/mois à Bansko, Sofia et Plovdiv
- ✓ Budget mensuel total : 800 à 1 200 € selon la ville et le mode de vie
- ✓ Fiscalité : flat tax 10% sur les revenus des résidents fiscaux
Le visa digital nomad bulgare : qui peut en bénéficier ?
La Bulgarie a introduit un permis de séjour spécifique pour les nomades numériques via une modification de la loi sur les étrangers (article 24p du ZCHRB). Les demandes sont ouvertes depuis le 20 décembre 2025. Ce visa concerne exclusivement les ressortissants non-UE/EEE qui travaillent à distance et perçoivent leurs revenus de l’étranger.
Trois profils sont éligibles :
1. Salariés en télétravail employés par une entreprise enregistrée hors UE/EEE/Suisse, qui fournissent leurs services à distance.
2. Dirigeants ou actionnaires détenant plus de 25% d’une société enregistrée hors UE/EEE/Suisse, qui exercent leur activité à distance via cette société.
3. Freelances indépendants qui fournissent des services à distance depuis au moins 12 mois avant la demande et n’ont pas de clients en Bulgarie.
Le processus se déroule en deux étapes. Vous commencez par déposer une demande de visa D (long séjour) auprès d’une ambassade ou d’un consulat bulgare dans votre pays de résidence. Le traitement prend 4 à 8 semaines. Une fois en Bulgarie, vous disposez de 14 jours pour demander votre permis de séjour auprès de la Direction des migrations. Le permis est délivré pour 1 an, renouvelable une fois.
Les documents requis incluent : preuve d’un revenu annuel d’au moins 31 000 € (50 fois le salaire minimum mensuel bulgare de 620 €), assurance santé couvrant la Bulgarie et l’espace Schengen, preuve de logement, casier judiciaire vierge et traductions en bulgare des documents étrangers, apostillées. Le regroupement familial est possible pour les personnes à charge.
⚠️ ATTENTION
Ce visa concerne uniquement les ressortissants non-UE/EEE. Si vous êtes citoyen français, belge ou suisse, vous bénéficiez de la libre circulation européenne et n’avez pas besoin de ce visa. Au-delà de 90 jours en Bulgarie, vous devez simplement demander une carte de séjour UE (cf. notre guide visa et résidence en Bulgarie). Quel que soit votre statut, il est interdit de travailler pour des employeurs ou clients bulgares sous ce permis.
Coworking et communauté : où travailler en Bulgarie ?
La Bulgarie dispose d’un réseau d’espaces de coworking qui s’est développé bien avant le visa nomade. Quatre villes concentrent l’essentiel de l’écosystème.
Bansko est la capitale européenne du nomadisme digital en montagne. Vivre à Bansko en tant que digital nomad, c’est profiter d’une communauté soudée de plus de 100 personnes, avec des événements organisés chaque semaine : randonnées, soirées, ateliers, sources chaudes. Coworking Bansko (l’espace historique fondé en 2016) propose des abonnements dès 99 à 149 €/mois avec internet gigabit. D’autres espaces complètent l’offre : Altspace, Nestwork, Four Leaf Clover (qui combine coliving et coworking). Le Bansko Nomad Fest, organisé chaque été, attire des nomades du monde entier.
Sofia, la capitale, offre le plus grand choix d’espaces de coworking : Networking Premium (5 adresses dans la ville, dont un rooftop avec vue panoramique), betahaus, Campus X, SOHO. L’internet y dépasse les 100 Mbps, l’aéroport international connecte la Bulgarie à toute l’Europe via des compagnies low-cost, et la vie nocturne est animée.
Plovdiv séduit par son ambiance artistique et son rythme plus lent. Des espaces comme Networking Premium Plovdiv ou Switch CoWorking accueillent freelances et créatifs. Varna, sur la mer Noire, est le choix estival pour ceux qui veulent combiner travail et plage.
| Ville | Profil idéal | Coworking (mois) | Atout principal |
|---|---|---|---|
| Bansko | Nomade montagne / ski | 99-149 € | Communauté la plus active d’Europe de l’Est |
| Sofia | Urbain / aéroport / vie nocturne | 100-200 € | Meilleur choix de coworkings et connexions aériennes |
| Plovdiv | Créatif / rythme lent | 100-150 € | Charme historique, ville compacte et abordable |
| Varna | Bord de mer / été | 80-130 € | Plages de la mer Noire, idéal juin-septembre |
La stratégie qu’adoptent beaucoup de nomades en Bulgarie : Bansko l’hiver pour le ski et la communauté, Varna ou la mer Noire l’été, et Sofia ou Plovdiv entre les deux pour l’accès urbain et les connexions aériennes.
Quel budget prévoir en tant que digital nomad en Bulgarie ?
Le coût de la vie en Bulgarie reste l’un des plus bas de l’Union européenne, même après le passage à l’euro en 2026. Voici un budget mensuel réaliste pour un nomade solo :
| Poste de dépense | Bansko | Sofia |
|---|---|---|
| Loyer (T2 meublé) | 250-400 € | 400-600 € |
| Courses + restaurants | 200-300 € | 250-400 € |
| Coworking | 99-149 € | 100-200 € |
| Transports | 30-50 € | 30-50 € |
| Loisirs + sorties | 100-200 € | 100-200 € |
| Total mensuel | 680-1 100 € | 880-1 450 € |
Un repas complet dans un restaurant traditionnel (mehana) à Bansko coûte entre 5 et 8 €. Un café revient à 1 à 2 €, une bière en bar local à moins de 2 €. À Sofia, les prix sont un peu plus élevés mais restent largement inférieurs à ceux de Paris, Berlin ou Lisbonne.
Le poste qui peut varier le plus, c’est le logement. À Bansko, vous trouverez des T2 meublés dès 250 € en été (la basse saison pour les nomades) et autour de 400-500 € en hiver quand la demande monte avec la saison de ski. À Sofia centre, comptez 400 à 600 € pour un appartement correct.

Fiscalité : ce que les nomades numériques doivent savoir
La Bulgarie applique une flat tax de 10% sur les revenus des personnes physiques. C’est l’un des taux les plus bas de l’Union européenne. Pour les sociétés, l’impôt sur les bénéfices est également de 10%, et les dividendes sont soumis à une retenue à la source de 5%.
Pour bénéficier de cette fiscalité, vous devez devenir résident fiscal bulgare. Le critère principal : résider en Bulgarie plus de 183 jours par an, ou y avoir votre centre des intérêts vitaux. Si vous êtes résident fiscal français, la convention fiscale franco-bulgare prévoit des mécanismes pour éviter la double imposition, mais chaque situation est différente.
💡 ASTUCE EXPAT
Travailler depuis la Bulgarie ne suffit pas à devenir automatiquement résident fiscal bulgare. Si vous gardez des revenus en France ou une activité française, les deux administrations fiscales peuvent revendiquer votre résidence. Avant de vous installer, faites vérifier votre situation par un professionnel. C’est exactement ce que nous faisons lors de nos accompagnements fiscalité France-Bulgarie.
Autre point à ne pas négliger : l’ouverture de compte bancaire. Depuis 2024, les banques bulgares sont devenues plus strictes avec les non-résidents sans activité locale prouvée. Si vous n’avez pas encore de société en Bulgarie, attendez-vous à devoir passer par des néobanques européennes (Revolut, Wise) dans un premier temps. Avec la création d’une société en Bulgarie (EOOD par exemple), l’ouverture d’un compte professionnel devient plus simple.
Pour quel profil la Bulgarie est-elle adaptée ?
Freelance ou consultant indépendant : c’est le profil idéal. Le coût de vie bas permet de maximiser vos marges, la communauté de Bansko ou Sofia crée du lien social rapidement, et la création d’une EOOD (SARL unipersonnelle bulgare) permet de facturer en Europe à 10% d’impôt sur les bénéfices.
Salarié en télétravail : si votre employeur est basé hors UE/EEE/Suisse, le visa digital nomad est fait pour vous. Si votre employeur est européen, vérifiez les implications sociales et fiscales avant de vous installer, la situation est plus complexe.
Entrepreneur avec société étrangère : vous pouvez vivre en Bulgarie et gérer votre activité à distance. La connexion internet, le fuseau horaire (UTC+2, compatible avec toute l’Europe) et les vols directs depuis Sofia vers les grandes capitales rendent le quotidien fluide.
Famille nomade : certaines familles s’installent à Plovdiv ou Sofia pour le cadre de vie, les écoles internationales et les activités extérieures accessibles. Le budget reste maîtrisé comparé à l’Europe de l’Ouest.
Questions fréquentes sur le digital nomad en Bulgarie
Les citoyens français ont-ils besoin du visa digital nomad ?
Non. En tant que citoyens de l’UE, les Français peuvent s’installer librement en Bulgarie. Au-delà de 90 jours, une carte de séjour UE suffit. Le visa digital nomad concerne uniquement les non-européens.
Quel est le revenu minimum pour le visa digital nomad bulgare ?
Le seuil est fixé à 50 fois le salaire minimum mensuel bulgare, soit environ 31 000 € par an (sur la base d’un SMIC à 620 €/mois). Ce revenu doit être documenté et provenir de sources étrangères.
Peut-on travailler pour des clients bulgares avec ce visa ?
Non. Le permis de séjour digital nomad interdit explicitement de travailler pour des employeurs bulgares ou de fournir des services à des entreprises basées en Bulgarie.
Quel est le meilleur endroit pour un digital nomad en Bulgarie ?
Bansko est le choix le plus populaire pour la communauté et le budget réduit. Sofia convient mieux si vous avez besoin d’un aéroport international et d’une grande ville. Plovdiv offre un compromis entre les deux. Beaucoup de nomades alternent entre plusieurs villes selon la saison.
La Bulgarie fait-elle partie de l’espace Schengen ?
Oui. La Bulgarie est membre de l’espace Schengen depuis 2025 et a adopté l’euro au 1er janvier 2026. Les titulaires d’un permis de séjour bulgare peuvent voyager librement dans l’espace Schengen pour des séjours courts.
Faut-il parler bulgare pour vivre en Bulgarie ?
Dans les espaces de coworking et les communautés nomades, l’anglais est la langue de travail. Pour la vie quotidienne (administration, courses, propriétaire), quelques mots de bulgare aident. L’alphabet cyrillique peut dérouter au début, mais dans les grandes villes et zones touristiques, vous vous en sortirez en anglais.
Les informations de cet article sont données à titre indicatif et peuvent évoluer. La fiscalité et les démarches administratives dépendent de votre situation personnelle. Consultez un professionnel avant toute décision.
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